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Photos de mariage et RGPD : ce qu’il faut savoir

Qui collecte des photos d’invités traite des données personnelles. C’est moins dramatique que ça en a l’air. Mais ça a des conséquences.

Dès que tu collectes et conserves des photos de personnes, tu traites des données personnelles. Ça vaut pour le groupe WhatsApp comme pour n’importe quelle galerie. Il n’y a pas de quoi paniquer, mais ça vaut la peine de savoir deux ou trois choses avant, plutôt que de les éclaircir après.

Ce qui suit est un repère tiré de la pratique, pas un conseil juridique. Dans le doute, tu demandes à quelqu’un dont c’est la responsabilité.

En tant que particulier, tu es le plus souvent hors du champ

Le règlement général sur la protection des données exclut expressément les traitements « effectués par une personne physique dans le cadre d’une activité strictement personnelle ou domestique ». Un mariage privé entre en règle générale dans cette catégorie. C’est la raison pour laquelle personne n’a à tenir un registre des traitements pour sa fête de famille.

Mais l’exception ne tient plus dès que ça devient professionnel : fête d’entreprise, fête de club annoncée publiquement, tout ce qu’organise une société. Les règles habituelles s’appliquent alors, y compris un contrat de sous-traitance avec le prestataire.

Le droit à l’image s’applique quand même

Le point que presque tout le monde oublie : même si le RGPD ne te concerne pas, le droit à l’image, lui, te concerne. Diffuser des photos de personnes reconnaissables demande leur accord, et « diffuser » commence plus tôt que la plupart ne le pensent.

Dans une galerie fermée que seuls les invités de la fête voient, ça ne pose pas de problème. Ça en pose un dès que des photos venues de là atterrissent sur Instagram. La phrase qui règle ça est courte et a sa place sur la carte, à côté du QR code :

Les photos restent entre nous. Merci de ne rien mettre en ligne ailleurs.

Ce n’est pas une garantie juridique, mais ça pose l’attente, et dans la pratique les gens s’y tiennent quand on le dit.

Les enfants sont le cas sensible

Les photos d’enfants qui ne sont pas les tiens, mieux vaut ne pas les verser sans demander à leurs parents dans une collection que d’autres invités voient. C’est moins une question de droit qu’une question que quelqu’un te posera sinon le lendemain.

Concrètement : si ta galerie dispose d’une modération, active-la pour ce cas. Les nouvelles photos passent alors d’abord chez toi avant de devenir visibles.

Trois questions techniques à poser au prestataire

  1. Où sont les données ? Des serveurs situés dans l’Union européenne t’épargnent toute la discussion sur les transferts hors UE. Demande précisément le lieu, pas l’adresse de la société.
  2. Que se passe-t-il à la fin ? Chaque galerie a une durée. Ce qui est intéressant, c’est ce qui vient après : est-ce que tu récupères les photos, et sont-elles ensuite réellement supprimées ?
  3. Qui accède aux photos sans avoir le lien ? Chez presque tous les prestataires, la réponse honnête est la même : les images sont distribuées par un réseau de diffusion, et qui connaît l’adresse d’une image peut l’ouvrir. Un code d’accès protège la page, pas le fichier lui-même. Un prestataire qui affirme autre chose mérite quelques questions de plus.

Ce que contiennent les photos

Une photo prise au téléphone contient plus que le sujet : l’heure de la prise de vue, le type d’appareil et, selon les réglages, les coordonnées GPS. À un mariage, le lieu n’est pas un secret. Pour des photos prises dans l’appartement d’un invité, il peut en être un.

Nous laissons sciemment les originaux intacts, parce que ce sont les fichiers qu’on fait imprimer plus tard. Ce qui en est tiré pour l’affichage est un nouveau fichier, sans ces données supplémentaires. Qui veut être sûr regarde ce qu’il y a dedans avant de transmettre un original.

La version courte

  • Fête privée : détendu, mais dis à tes invités que les photos restent entre vous.
  • Cadre professionnel : il te faut un contrat de sous-traitance et une base légale.
  • Enfants : dans le doute, modère.
  • Prestataire : serveurs dans l’UE, suppression claire, réponse honnête sur l’accessibilité des adresses d’images.

Notre politique de confidentialité décrit comment nous procédons concrètement.

La fête aura lieu de toute façon. La seule question, c’est ce qu’il en restera lundi.

C’est parti. Ça ne coûte rien.

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